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29/10/2006

T'es bonne Katherine

Ce qu’il y a de beau avec la musique c’est qu’elle peut atteindre des sommets de grâce. Je crois que hier soir ils n’en étaient pas bien loin. Qui ils ? Mademoiselle k et ses trois comparses.

Elle commença dans la désinvolture, plus encore que sur l’album. Puis tout alla crescendo : le rythme, l’intensité, l’(aban)don de soi. Après la rigueur de l’enregistrement les voici libres. En rien commercial, partant dans des dithyrambes guitaristiques – Éléonore et Martin vous étiez magnifiques - faisant penser au Velvet ou au MC5. Il y a du Greenwood chez le soliste, tant dans les postures que le jeu. La basse est ronde, la batterie fracassante, sauf que, comme bien trop souvent, on ne distingue pas assez la voix. Il n’y a jamais eus de mimiques, tout à l’air spontané. Le plaisir qu’ils prennent est flagrant, comme elle le dit si bien : «  tu vois quand je souris tu fais pareil », et oui ! Plus ça allait plus ils lâchèrent prise, sans perte de contrôle, et plus je me rêvais au CBGB. Oui le rock est vivant j’en ai la preuve ! Moi j’ai aimé, je reviendrai, avec un immense plaisir, et une non moins grande attente.

 

Bien sûr il y avait LA fan ivre et lourde (thèmes récurant de la soirée) pour me rappeler qu’il faut restreindre l’accès aux concerts.

Mais qu’importe il y eut de la grâce, et rien ne pourra l’abîmer.

 

Mademoiselle K, Laiterie – Le club, 28 octobre 2006

27/10/2006

A ne pas effacer

La gomme du temps et du succès aurait-elle atteinte subitement le créatif Thom Yorke ? J’émets un avis contrasté !

Car en blind test, à l’exception notable de la voix, je crois entendre un disque fait par un psychopathe vivant seul et isolé avec son ordinateur. Bien sûr Black swan est très belle, avec ce rythme entêtant sans être tout. Mais c’est presque un leur. Les chansons s’enchaînent avec évidence, comme faisant un tout.

Cet album demande une écoute attentive, il n’est pas de ceux qu’on laisse tourner sans y prendre garde – vous voyez ce que je veux dire ! Il peut être hypnotisant pour qui aime les sons électro récurant mais minimaliste. Il y un travail de couches sonores, d’ambiance assez énorme, et c’est là que l’on retrouve tout le génie créatif de l’auteur. Malgré cela j’ai vraiment beaucoup de mal à l’écouter d’une traite. Ce qui est sûr c’est qu’il n’aura pas un grand succès commercial mais qu’il aura de fervents adeptes, tant il est intrigant et intimiste. Je n’en ferai pas parti.

 

 

Thom Yorke – The Eraser

 

23/10/2006

Commen s'taire

S'il est bien une chose que je constate depuis un an et demi que j'ai ce blog c'est que plus le temps passe moins j'ai de commentaires. Cela signifie donc t-il que tu es d'accord avec tout ce que je pense puis écris ? c'est génial je réussis la cohésion culturel parfaite, j'ai l'avis universel !

Militons donc pour que j'officie d'une manière officielle pour un médium culturel rémunérateur (presse, radio ou télé qu'importe), ou pourquoi pas etre ministre de la culture ??!! une telle unanimité est une chose trop rare pour ne pas être mise au service de la nation, NON ?

20/10/2006

Ondulation de sentiments

Jamais je n’ai été aussi dérouté par un album. Non qu’il s’agisse d’un indispensable, ou d’un déchet. Juste que je n’arrive pas à avoir un avis tranché, aussi bien sur l’ensemble qu’en particulier. Tant il y a des écoutes qui sont agréable, tant parfois en deux notes j’en ai déjà trop. Ses détracteurs pourront toujours arguer qu’il essaye de moins parler, d’être moins dans le name dropping. N’empêche que c’est dans ce registre là que je le préfère. Car il y a beaucoup plus en ironie, au second degré. Il ne sera jamais meilleur que seul avec son piano.

Il y a bien « Il fait si beau » ou, à sa manière, il se défoule sur l’ump. A croire qu’un album sans chanson anti-droite ce n’est pas autorisé ! A quand une chanson qui dénonce un(e) autre candidat(e) ?  (hormis le pen, il a déjà son quotas) 

« Du sépia plein les doigts » est un texte tout à son image. Tout dans la référence, mais non explicite. Et le fond est génial, pour qui comprenne tout (c’est pas gagné pour tout le monde). Remettre à sa place tous ces nostalgiques de la France d’avant 58 avec tant d’élégance est bien trop rare pour s’en priver.

Il est en perpétuel dent de scie. Ce n’est pas un de ces albums concepts, il y a mit les chansons qu’ils voulaient. Il y en a une ou deux de la tournée que j’aurais aimé y voir.

Là il passe très bien, le soir, seul. Je risque de l’aimer souvent.

Vincent Delerm, Les piqûres d’araignée

16/10/2006

La vérité n'est pas ailleurs

Il est des 4ème de couverture qui attise plus mon envie. Faire mieux que celle-ci sera ardue :
« Ségolène Royal a tout pour plaire.
Et pourtant, elle ne doit pas devenir la première présidente de la République.
Voici pourquoi. »
A l’heure des biographies, des livres- programmes, des propositions en tous genres, ce livre est à mettre au rayon pamphlet. Certes cet art autrefois répandu n’est plus de mise aujourd’hui, chacun préférant la phrase assassine, courte, mémorisable et qui sera reprise dans les media. Qu’importe, tous les codes en sont respectés, le choix d’un pseudonyme ayant sens, un objectif précis, une parfaite connaissance du sujet, une écriture simple, explicite et une argumentation quasi scientifique. C’en est presque trop…. Ce n’est jamais trop quand on parle de l’avenir d’un pays.
Le plaisir que j’ai eu à le lire est incroyable, proportionnellement inverse à mon goût pour son désir d’avenir. C’est implacable. J’ai même réussi à ne pas le lire d’une traite mais à en profiter un peu tous les jours, comme d’une boîte de chocolat reçut à Pâques.
Que toute personne pensant que Mlle Royal a les capacités de présider notre pays se fasse connaître, que nous en débattions.


La prétendante – Cassandre

13/10/2006

Ne laissez pas les autres être beaux à votre place

Nature – mode, l’antinomie est parfaite.

Etre sois est bien plus ardu qu’assidu de la mode. Car ce n’est pas un film sur la mode. C’en est juste l’environnement. Il y est bien plus question de caractère, de force de conviction, de travail sur soi, d’abnégation, d’envie, d’humain, de manipulation, de remise en question… enfin quand on regarde au-delà de l’emballage. Ce qui, j’en conviens, n’ai pas aisé car si l’habit ne fait pas le moine, la beauté intérieure n’est qu’un concept marketing. Que toute personne qui argue pour la cette théorie voit cette scène où Andie arrive après son relookage, c’est stupéfiant. Elle n’est pas plus belle, mais ce n’est plus caché, et sans aucune vulgarité. Car ce n’est pas la mode de Paris Hilton, du clinquant, du trash, du bling bling, des nouveaux riches ; ici c’est la vieille école, celle de la rue Cambon et de Mademoiselle. La femme est mise en valeur, point.

Meryl Streep est remarquable, elle est n’est pas une caricature, elle me déconcerta plus quand elle eut des regards, des attitudes humaines.

Je ne m’attendais à rien de ce genre, et j’en suis bien content. Ce portrait de la nature humaine emballé de la sorte est une chose rare, et chère (8.50€), mais tellement bon.

Un produit qui ne milite pour rien, ne prend pas partie, un divertissement qui remplit son rôle et s’en contente, sans fard ni chichi. Un vrai luxe.

 

Le diable s’habille en Prada.

09/10/2006

I might be wrong

 


podcast

 

Je suis un assidu de ses écrits, non par fanatisme ou admiration mais par plaisir.

Auteur contemporain des plus controversée Nothomb fascine autant qu’elle ennuie. Mercure me séduisit de suite, j’ai par la suite lu nombre de ses écrits. Elle est libre et c’est tellement rare que, presque par principe, je la lis annuellement.

Je ne me renseigne en rien sur le contenu, les avis des uns et des autres m’est, encore plus que d’habitude, inutile. Je lis et partage mes sentiments avec ma mère, point. Ce n’est pas le genre d’objet culturel à propos duquel il est aisé de discuté, non par son contenu, mais par sa connaissance.

Cette année elle nous propose un récit intime, dur et sentimental. Nous sommes dans le réel mais pas celui qui fait notre quotidien, à l’exception de Radiohead. Car il y a une bande son : Amnesiac, Kid A, Hail to the thieves. En conséquence le premier cité tourna en boucle pendant la lecture. Cela m’a plus encore plongé dans l’univers de l’auteur. Le personnage principal et « conteur » du récit est un homme. Plus le roman avançait plus je me demandais ce qui me manquait, il s’agissait de la nourriture. Elément récurent et clef dans bien de ses livres. Je ne fus pas déçut, mais je ne dirais rien.

A lire, il ne vous prendra pas trop de temps et vous sortira de votre routine.

Elle à la littérature ce que Delerm est à la musique, allez savoir pourquoi mais lui aussi me plait.

Amélie Nothomb – Journal d’Hirondelle

02/10/2006

Collage sonore

Il m’a été donné de vivre de nombreuses d’expériences musicales. Celle-ci inaugure un genre nouveau. Mais avant d’aborder le son, mise en situation.

Dans le cadre du festival ososphère, et en partenariat avec le MAMCS, il était proposé d’assister à un concert de Rainier Lericolais dans le « Salon de Musique de Kandinsky », un mail suffisait pour y être convié. Samedi 18h, dans le lieu dit, un Mac était à proximité d’un Steinway, un micro pour capter les vibrations des cordes, et deux enceintes pour nous les restituer. Une trentaine de personnes prirent place à même le sol, sans préambule nos oreilles sont atteintes d’un flot sonore différent.

Commença 50 minutes d’un collage sonore hallucinant. Pas de rythme récurant, pas de mélodies, pas de paroles, aucune régularité, aucune cohérence sonore, mais pas un mauvais moment ou une déception. Non juste je n’ai en rien compris à la démarche, la finalité, la construction. Musicalement il y avait de tout, mais rien, ou presque, ensemble. Analyse personnelle : il démontre par l’exemple que l’individualisme ne mène à rien d’harmonieux. Les seules paroles étaient dans une langue asiatique, mais le contenu peut tout aussi bien avoir été la météo, qu’un incident de premier ordre. Jamais un pianiste n’a joué aussi peu dans un tel laps de temps…

Il s’est arrêté comme il a commencé, sans formalité. Puis il a souri. Il était dedans, beaucoup y firent une rencontre avec Morphée, moi je ne saurais qualifier ce que je venais d’entendre. D’un point de vue auditif c’est plutôt pas désagréable, mais pas dans un autre cadre, pas chez moi. Un trip inédit, et qui risque de le rester bien longtemps.

 

Rainier Lericolai, MAMCS 30 septembre 2006.

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