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30/11/2006

Voir ailleurs

Depuis deux mois je parcours ce guide et c’est un voyage mental à chaque fois. Ce n’est pas le genre empli de moult photos. Juste le récit d’un périple énorme – de 4 ans !- écumant la planète dans son  intégralité. Bien sûr rare seront ceux qui auront l’opportunité de tout voir. La sélection des lieux, notamment en matière d’hôtellerie, de restauration ou de festivals, peut être discuté, mais qu’importe. L’essentiel est, dû moins pour moi, dans la propositions des visites. Et il y a pléthore. Je ne parlerai que de ce que je connais déjà vraiment bien, à savoir l’alsace et Paris.

Dans les deux cas la sélection est vraiment judicieuse tout autant que culturellement intéressante. Bien sûr proposer l’Unterlinden et la route des vins n’est pas ce qu’il y a de plus audacieux, mais au moins sont évités les clichés. Il en est de même pour la capitale, sauf  qu’il y a énormément de références… trop ? (Prévoir deux semaines minimum pour en faire le tour et, surtout, un budget conséquent.)

Une lecture à double tranchant selon qu’un livre vous donne matière à imaginer ou vous fasse repenser à votre triste quotidien de sédentaire. Pour moi avant tout un formidable moyen d’évasion, de moteur qui confirme que si l’herbe n’est pas plus verte chez mon voisin, en tout cas l’air y paraît bien meilleur.

 

 

Les 1000 lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie, Barbara Schultz, chez Flammarion

 

28/11/2006

Voilà c'est fini

Pourquoi écrire sur un événement alors qu’il vient de se clore ? Non pour vous rendre jaloux mais pour vous donner l’envie d’y prendre part l’an prochain. Bien sûr d’une année à l’autre le contenu évolue. Mais ce rassemblement de galeristes d’art contemporain permet surtout de se rendre compte de se qui existe. Ce sera ou non des références dans l’avenir. Qu’importe. C’est juste le meilleur moment pour voir sans avoir à écumer l’europe. Le jugement du contenu est relatif, et à chacun de se faire son propre jugement. J’ai constaté une présence moins forte de la photographie. Les sculptures tendent plus à l’anorexie et à la tristesse, qu’à la gaîté. Et il m’a sembler voir moins de paysages et de très rarement des natures mortes. Dommage c’est bien là ce qui m’attire le plus. Il est à noté la forte présence d'Arman et de ses violons retravaillés. Pas un ne se ressemble, seule constante : l'instrument est éclaté, tout ou partie, afin d'être mué en sculpture.

Après trois heures de visites il ne reste que les souvenirs de ces oeuvres observées dans le détail tant le trait est fin et restitue le réel avec force et réalisme. Et l’envie d’y revenir l’an prochain.

 

 

St’art 2006

26/11/2006

Ici paris

La plume concise et juste de Delerm, et l’œil, non moins connaisseur, de Madame. Mélangez ces deux arts, mettez y un goût commun pour le détail du quotidien, vous savez celui qu’on ne voit à force d’avoir été trop vu, et un amour de Paris.

Pas de préambule, une date, une heure, un lieu, une photo. Le ton est donné. Aucune explication, jamais. Juste l’impression de voir un Paris fantasmé (Là-haut), mais pas un Paris de touriste, au contraire. Celui du quotidien. Un récit d’une ballade dans la ville, mais avec le regard de ceux qui connaissent. Le hasard n’a pas sa place. On sent, dans l’écrit et le visuel, l’habitude, la routine tout autant que le bonheur que de saisir le sentiment, et son corollaire visuel, qui traverse l’esprit durant ce furtif moment.

Je ne rentrerai pas dans le débat qui consiste à savoir le pourquoi du comment du livre. Je m’en fous. Le plaisir que j’ai, tant à feuilleter qu’à lire, cet ouvrage est constant. Chose rare.

A déguster seul(e), ou non, à partager autour de souvenirs communs, ou en donner sa propre interprétation. A chacun de faire son voyage dans cette ville si petite, mais aux possibilités infinies, à chacun d’y vivre et d’y écrire ses propres souvenirs, histoires et rêves.

Et si ce carnet de ville ne restait pas unique, sans être un model, chacun faisant le sien, comme pour une recette ?

 

Philippe Delerm, Paris l’instant. Chez Fayard.

Photographies de Martine Delerm.

 

23/11/2006

Méthode assimil…version rock !

Dans ce livre de près de 400 pages finalement seules 25 furent écrites par Lester Bangs lui-même. Un vol ? Une hypocrisie ? Une faute quand au produit ? Non. Car lire ses textes de chansons, ou cet article sans connaître l’homme, sa vie, son parcours se serait passé à côté de bien des subtilités du texte. Non que nous soyons ignare mais sa bio nous préviens du niveau d’exigence de l’auteur, de sa rudesse, de son franc parlé et de son goût pour l’emphase et les phrases alambiquées.

Le texte est un article parut en octobre 1974. Il nous explique comment écrire une critique à propos d’un album rock. Tout simplement. Ce pourrait être sporadique, éducatif c’est juste jouissif et drôle. Et terriblement actuel – ne pas lire la presse spécialisée après vous seriez surpris- sauf que nombres des artistes références qu’il cite ont passé l’arme à gauche ou sont connus de peu. Qu’importe, c’est une lecture aussi essentielle que Marx et Engel. Je conçois que cela puisse vous paraître excessif, mais après une longue réflexion avec moi-même je persiste et signe.

Plus j’écris plus je me dis que vous êtes entrain de ne rien comprendre à ce que j’énonce tant cela parait chiant, alors qu’auparavant je disais que c’est drôle ! Il n’y a pas de paradoxe, car au lieu de lister ce qu’il y a faire il nous donne un chemin de fer, un guide, un canevas. Il commence par nous décrire le métier, ses différentes étapes, la hiérarchie, des conseils pour faire carrière, puis la rédaction à proprement parlé. C’est comme un jeu, nous avançons par étapes. Cela se passe par des choix multiples, toujours par cinq, reflétant les opinions généralement énoncées, des espaces de libres expressions – très court- et… c’est tout !

Vous ne me croyez pas ? Lisez le ! Ou attendez une prochaine critique d’album, je me servirai de sa méthode.

Comment devenir rock critic ? Un voyage mégatonnique avec Lester Bangs !, Lester Bangs

21/11/2006

Chiffonnades de bon goût

Oui je ne vous ai pas prévenu de la, désormais traditionnelle, revue de podium de mademoiselle Agnès. Mais qu’importe ce n’est que pour dans bien longtemps – printemps été 2007 – on a bien le temps d’ici là de changer de président, voir de république, ou de même de pays !

La mode, à l’inverse de la vie, est écrite à l’avance. Ne reste plus que le jugement ultime des consommateurs. Mais je ne me fais pas de soucis le troupeau est de plus en plus nombreux et avili. Il ne réfléchit plus, il se contente de voir une image et de tout mettre en œuvre pour y ressembler le plus possible.

Moi-même je ne l’ai pas vu. Ce qui m’attriste le plus ce n’est pas tant d’avoir manqué la coupe ou les couleurs à la mode mais les commentaires improbables et délicieusement acidulés de Mademoiselle A.

Et puis c’est comme les fêtes de fin d’années, quoi que l’on fasse elles reviennent, fidèles à elles-mêmes, on est ronchon avant mais sommes bien heureux lorsqu’on y est : on déguste puis on critique.

20/11/2006

Réponse B

Il avait plu une bonne partie du dimanche, la télévision ne proposant rien de bien intéressant je me souvins que l’on m’avait prêté le dernier Dupontel. Voilà qui allait m’occuper.

Dès le générique je sus que ce qui suivrait ne pourrait en rien me laissé indifférent. On entre directement dans l’action, pas de prélude. C’est nerveux, fou, incompréhensible, rythmé d’une façon incroyable et que dire de la manière de filmer ? En rien ce film n’est comparable. A une exception près, quasi logique, Bernie. Auteur, réalisateur identique, et le groupe qui clôt le premier film ouvre et anime aussi celui-ci.

J’aurai bien aimé voulu vous raconter l’histoire, mais c’est bien trop dense et tout étant lié, imbriqué qu’une tentative, ne serait-ce que d’un synopsis, serait risqué. Regarde-le, en peu de temps tu seras de quoi il en retourne. Tu ne seras qu’au début des surprises.

 

Selon qu’on aime ou pas ces univers décalés, irréaliste - tant une telle suite d’événements est improbable mais composé de faits courants - on dira de ce film que c’est une énorme bouse ou un grand moment. J’opte pour le second avis.

 

Enfermé dehors, de et avec Albert Dupontel.

 

18/11/2006

Plus violent que Cillit

Ok le titre est nul, il est voulu accrocheur, on verra bien… ceux qui me connaissent en comprendront toute la portée. Mais ce livre est génial. Ou plutôt son héros. Car je n’ai, pour l’instant, lu que la biographie de Lester Bangs. Ce style littéraire n’est de loin pas mon favori, mais là on pourrait penser à une fiction.

A croire qu’il a tout connu du pire de se que peut offrir la vie. Passons sur l’aspect familial – Dallas n’a rien inventé- la drogue et l’alcool – tellement évident à cette période de l’histoire, ou sa capacité à tombé amoureux, sa moustache ou son élégance à nul autre pareil.

Mais au fait il a fait quoi de sa vie pour qu’elle soit racontée près de 25 ans après sa disparition ? Il fut l’un des critiques rock les plus importants et les plus influents des années 70 aux Etats-Unis, et reste un model du genre. Un exemple, parmi beaucoup, il était le maître d’un certain Kurt…

 

Bienheureux soient Math et Audrey pour me l’avoir offert.

 

Jim DeRogatis, Lester Bangs, chez Tristram

16/11/2006

La honte de la nation

On dit de lui qu’il est le Brel du rap, alors que du grand belge il n’a que le pianiste. Et c’est tout !

Il vient de lui être attribué le prix constantin, c’est une honte !

Nombreux sont ceux qui vomissent à n’en plus finir sur Vincent Delerm et sa voix, son goût pour le name dropping, mais lui on en fait l’apologie ! Soyons raisonnable, est-ce ceci l’égalité ?

Car n’oublie pas que ce n’est pas un littéraire, hein Régis ! (mais c’est moins vendeur aujourd’ hui qu’Abd) C’est un pickpocket. Il ne s’en cache pas, ne fait pas repentance, non il raconte le tout (c’était sur M6) avec une fierté qui me donne envie de porter plainte pour incitation au vol.

Et après qu’on ne vienne pas se plaindre du manque de culture de la jeunesse quand on voit qui est porté aux nues.

Et nul ne peut dire que les autres artistes sont un cran en dessous. Il est d’ailleurs presque indécent de voir nominé Katerine plus de 10 ans après ses débuts, tout comme Phoenix que seule la France n’a pas encore applaudie à sa juste valeur.

M'enfin comme l'a dit Marianne James : "vous avez de la merde dans les oreilles".

La France se tire, une fois de plus, une balle dans le pied…  manque plus que marie-ségolène à l’Elyssé et je n’aurai vraiment plus aucune raison de resté vivre en France.

14/11/2006

Un si bel Hommage

Il est de notoriété publique que Versailles n'est dans l'état où il est qu'essentiellement grâce aux financements américains. Mais là un échelon supplémentaire vient d'être franchi. 

Du personnage historique ces américains ne se sont pas contentés de reprendre uniquement la dénomination. Ils jouent de nos habitudes. Une chanson ne se finit pas quand nous le croyons, mais quand leur imagination le décide. Loin de s’inspirer des Dandy Warhols et de leurs cultissimes intro à rallonges. Comme le Roi Soleil, ils sont très sérieux dans leur approche de la musique pour, comme lui, en profiter le plus possible et être acteur et non spectateur. A la vue du clip de God killed the Queen ils ont aussi ce goût pour la luxure, mais entre gens élégants uniquement. Il n’y a pas de vulgarité, ce n’est pas du porno chic pour bobo quadragenaires embourbés dans leur routine qui les ennuie tellement qu’ils n’en changeraient pour rien au monde. Juste une puissance sonore savamment orchestrée pour faire mettre en mouvements les corps jusqu’à la perte de contrôle.

Les metteurs d’étiquettes doivent dire d’eux qu’ils font du « rock garage baroque ». Sûrement car les morceaux sont courts, incisifs, bruts mais sans être dénués de finesse, ni d’apparition sonores inattendues, et qui donnent toute son originalité à leurs créations. On pourrait reprocher une similitude avec 4 garçons, qui furent dans le vent, sous Phil Spector, A letter to Dominique, mais ce serait leur faire là un bien injuste procès. Et quoi qu'il en soit un groupe dont Butch Vig dit autant de bien ne peut être fondamentalement mauvais.

Mais qu’importe ils donnent du plaisir à mes oreilles, et l’envie d’un bal rock au cœur des bosquets Versaillais, où les Louis savaient mieux que quiconque prendre du plaisir à toutes heures.

Louis XIV, The best litlle secrets are kept

13/11/2006

"Premier album d'adulte"

La formule est d’elle. Les collaborations exceptionnelles. Les univers de ses collaborateurs sont marqués. Mais elle y ajouta cette touche familiale reconnaissable entre toute : le sens de la mesure. Il n’y a rien de superficiel, sa voix est douce sans être pour autant chuchotée.
De Air il y a le grain de piano et de basse, de Godrich le son impeccablement dosé.
Mais autant de toutes ces signes extérieurs de qualité il y une alchimie qui transcende le tout pour créer un ensemble cohérent et d’une redoutable efficacité. Un album qui se laisse entendre tout en douceur, mais qui mérite d’être écouté tant il est tout en délicatesse. Un travail d’orfèvre qui ne se dévoile pas au tout venant.
Du plaisir auditif pour accompagner ses insomnies introspectives.

Charlotte Gainsbourg, 5.55

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