14/12/2009

Douce déception et grand gâchis.

Concert exceptionnel, tant le groupe est avare en prestation. L'intimité du lieu se prête tout particulièrement à leur musique intimiste et élégante ; c'était sans compter sur l'heure tardive du début des festivités, heure à laquelle l'accès est libre, où l'auditeur et l'amateur de comptoir cohabitent pour le grand regret des premiers et des musiciens.

En résulte une ambiance toute particulière. D'un côté un calme absolu, les oreilles tournées vers la scène, et de l'autre des biens vêtus parlant fort sans aucune considération pour autre chose que la boisson et la gente féminine.

La musique fut belle, le chant et le choix des reprises subtils, les musiciens et le public désabusés. Alors on se concentre, essaye d'oublier et passe en audition sélective. Le plaisir devient plus intense. Les versions de l'album sont loin,  les réinterprétations, sans section rythmique, réorientés sur des guitares un peu moins sages.

J'en sors un peu déçu, puis repense à l'ensemble de la soirée et à la rareté de ce qu'il m'a été donné à entendre, et je souris sur mon vélo. 

Au diable les ignares soulards restés au comptoir encore un soir, je suis heureux les oreilles emplis de douces mélodies.

Original folks - Scopitone - 10 décembre 2009

11/12/2009

Fiona et PJ sont heureuses de vous annoncer...

Fiona Apple a fait naître bien des vocations, mais nul émule n'avait son intensité.... Jusqu'à Anna Aaron.

Point de mimétisme, mais une attaque des touches et une puissance vocale évocatrice. Si la mélancolie est musicalement moins présente c'est que la section rythmique impulse un groove entrainant. La voix s'envole et le piano nous plaque au sol. Chaque pièce est d'une densité  et d'un naturel impressionnant, elle n'interprète pas, elle incarne ses textes et partitions... le tout à 23ans, ce qui est certes tardif par rapport à bien des groupes de rock, mais là on ne boxe pas dans la même catégorie.

Elle met un coup de vieux à PJ Harvey, conforte Fiona dans sa retraite... surement un des concerts les plus dense de l'année.

 

Comme votre disquaire ne doit pas avoir son 7 titres - «I'II dry your tears little murderer» - (où alors donnez moi immédiatement son adresse) ... http://www.myspace.com/annaaron

 

 

Anna Aaron - Scopitone - 10 décembre 2009

10/12/2009

C’est d’une belle subversion

Alors que des masses se déplacent pour se rendre voir Rammstein nul n'a idée de la belle subversion de Tricot Machine. Ce duo, à peine débarqué, du Canada est d'une absolue violence. Un clavier minimaliste, portant des lunettes surdimensionnées, une chanteuse - qui parfois tambourine - et des textes... ils vont trop loin dans l'absurde, dans la référence. Un show agrémenté, en permanence, d'une vidéo maison hallucinogène d'objets ménagers en mouvements sur une table... c'est à en perdre la raison. Tant est si bien que certains craquent face à tant de subversion, le public, enjoué par Away from Luka, s'en va retrouver le monde raisonnable dans lequel nous vivons.

Puis vint mon tour, ça pulsait trop Willy !

Si certains font déplacer les foules, d'autres non... souvent en voyant on en trouve la raison.

09/12/2009

Accords complexes + finesse = délicatesse

La vedette américaine, bien souvent, joue dans une ambiance d'attente et bénéficie d'une attention et d'un enthousiasme plus que relatif... ce fût tout le contraire dans l'antichambre qu'est le club de la laiterie. Le public était visiblement là pour eux, pour écouter les comptines indy folk matinées de pop d'Away from Luka.

La voix et les mélodies sont douces avec une pointe d'amertume, merci les 9ème, Les Paul vient harmoniser et électrifier le tout. La section rythmique est sollicitée de manière assez inégale, ce qui rompt la monotonie que le genre musical peut développer. Le clavier vint apporter des nappes sonores, sans grand intérêt à mes oreilles, mais qui ont le bon ton de ne pas venir ruiner une pièce par une déferlantes de d'ondes de répliques d'Hammond mal gérées.

 

Ils seront ce jeudi chez Jeannette...et pour ceux qui ne pourront s'y rendre, ou qui souhaitent anticiper et/ou prolonger le plaisir : http://www.myspace.com/awayfromluka

 

Une fois la foule des touristes et des frénétiques acheteurs de cadeaux laissée derrière la porte de votre demeure faîtes ce cadeau à vos oreilles.

 

 

Away from Luka - Laiterie - 4 décembre 2009

04/12/2009

Faut bien payer ses factures.

Gretsch blanche, moustache, coiffeur en prison, clavier Hammond (et organiste bedonnant consultant son bi-bop entre deux morceaux), la-mi-ré, paroles abscondes, ...en descendant au Scopitone je ne pensais pas me retrouver en 77...le punk est mort, que vas-tu faire, trainer dans la rue, trainer dans la gerbe... non lui il chronique, et (re)produit encore le même plan 30 ans après.

Pour nostalgique et jeunes idéalistes uniquement.

 

Patrick Eudeline - Scopitone - 3 décembre 2009

03/12/2009

Under THE tueurs

Après un début remarqué par le, toujours de bon goût, CQFD en 2007 la paire franco-danoise c’était faîte discrète. Leur premier « vrai » album à peine mixé (par un Blanc-Francard…), pas encore dans les bacs, qu’ils nous présentent leurs titres dans le cadre intimiste du Truskel.

Ils ont beau l’annoncer mais deux voix, une guitare et des boucles préenregistrés c’est pratique, souvent efficace, mais ça reste synthétique.  Il y a presque plus de dynamisme quand il n’y a pas d’artifices sonores.

La référence, l’influence des The Kills est manifeste, mais trop de manières pas assez de fond, de rage, ou de grasse. L’attitude est jouée, non vécu. Dommage.

Ca ce veut rock indé écorché… un chaton fera certainement plus de marque.

 

A écouter plus qu’à voir, le single devrait valoir le détour, mais... ne nous enflammons pas.

 

Twice – Truskel – 2 décembre 2009

02/12/2009

Quand la délicatesse s’électrise

A peine l'album sortie que les versions scéniques des morceaux de ce premier album prennent une dimension plus rock, exit les cuivres - avec regrets tant ils apportent une touche d'élégance et une profondeur aux mélodies - place au dyptique télécaster / Fender twin, d'où un son très Buckleysien par moment. Mais sans la grâce ni la virtuosité (vocale et technique) du Maître. Piano et batterie rythment et donnent un relief très délicat à l'ensemble.

Il en reste une très belle prestation bien que très courte. 

Son album - Small boat big sea - est une des belles nouveautés du catalogue, déjà très qualitatif, de Tôt ou Tard. L'écouter au coin d'une cheminée doit être d'une suavité et d'une délicieuse délicatesse.

Ed Laurie - Café de la danse - 1er décembre 2009

26/11/2009

Infirmières sans blouse

Deux jeunes Suédoises, à peine majeur, au doux nom curatif dans un club à Paris, une blonde et une brune... l'affiche pourrait être ambigüe. Vu les circuits de diffusion de l'information, pas de doute possible. La soirée serait douce aux oreilles de ceux qui descendraient les marches du scopitone.

Salle petite mais comble, le parterre n'a rarement aussi bien porté son nom, puisque pas une personne ni était établi sur ses pieds. Si leurs mélodies ont la simplicité et la spontanéité de la jeunesse ; que dire de leurs voix, douce et puissante, au besoin. Elles présentèrent, dans son intégralité, leur premier album, The big black and the blue, à sortir fin janvier. En bonus, Johanna et Klara, nous gratifièrent, au milieu de la foule, debout pour l'occasion, à leur reprise des Fleet Foxes qui les fit connaître au monde.

L'année commencera bien, car leur voix réchauffera plus d'un cœur, tant elles sont enveloppante et délicate, tel un historique plaid où l'on aime à se lover.

 

First Aid Kit

Scopitone - 25 novembre 2009

24/11/2009

L'épine de la terre

Margarett sort de son studio, son premier LP dans la besace, et vient les présenter à l'artichaut.

En deux sets et près d'une heure et demi de jeux, nous avons pu (re)découvrir leur univers, tout de mélancoliques mélodies constitués.

Mais écoute les paroles et là s'ouvre un champ d'espoir en l'Homme, le constat est parfois cinglant - « no disrespect », jamais défaitiste ni résigné. La plus abordable est, forcément, « célibat' song », dont la version studio est amputée du break disco qui fait une grosse différence... et une raison de plus de se rendre à leurs prestations scéniques.

 

Pour tomber sous le charme une seule adresse :

http://www.myspace.com/margarettissexy

Margarett is sexy

Artichaut, 21 novembre 2009

19/11/2009

Aux armes de bois

Alors que beaucoup jouaient des klaxons et de l’entrechoquement de pintes, Patrick Watson et ses bras de bois donnaient, eux, dans la finesse et la créativité sans limite.

Ici les mains glissaient sur les manches, les touches, les fûts avec virtuosité, non par démonstration mais pour enchanter le public, sublimer les morceaux en leur donnant plus d’intensité et d’âme que sur les albums.

Une courte prolongation, tout d’abord au milieu du public, vint faire durer le plaisir… mais ce fut bien court tout de même. S’en suivit d’autres prolongations… bien plus longue et au dénouement certes heureux ; mais sans fierté ni gloire.

Patrick Watson and the Wooden arms.

La cigale – 18 novembre 2009

 

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