10/10/2008

Moi je vis chez Amélie Poulain

Récurrent comme un anniversaire, attendu comme un gâteau le Nothomb est là.

Le thème de la personnalité, et de sa perte-construction-destruction, revient. Il fait partie de ces classiques qui égrènent les romans d’Amélie. Le traitement qui en est fait est surprenant, les média ne peuvent s’empêcher de ne parler que de ça- l’échange d’identité-, et du champagne. Sauf qu’identité vient du latin « idem » - de même…

Le personnage principal va au-delà, il s’approprie le cadre de vie d’un autre, mais finalement très peu de temps, et se crée sa propre nouvelle existence à partir de là.

La fin arrive vite, ne dure pas en terme de lecture, surprend, m’enjoue, mais surtout est complètement dérangeante qui plus est en cette période de crise majeure de confiance où la peur et la méfiance sont de rigueur.

A lire, et même si ce roman se lit vite et facilement, il n’est pas à prendre au premier degré, tant les autres sont bien plus intéressant.

 

Amélie Nothomb

– Le fait du prince

02/05/2008

Tous ne sont pas dans la pizza ou le foot ou l’illégalité…

Roman policier dont l’action se déroule à Venise, ou concerne la Sérénissime, le héros est un vénitien commissaire très bien marié, et le tout est traduit, pas toujours avec réussite, de l’anglais, puisque l’auteur est une américaine vivant et enseignant sur place.

Là tout de suite on peut craindre l’accumulation excessive de clichés rendant toute lecture périlleuse. Et bien même pas.

Certes ce n’est pas d’un niveau exceptionnel et les amies de Venise y trouveront un intérêt supérieur du fait de la rigueur et de l’exactitude des descriptions des lieux.

 

Je ne parlerai pas d’un récit en particulier, car la série est un cours et que si chaque tome peut se lire indépendamment des autres, l’intérêt d’une lecture chronologique réside dans les évolutions des personnages secondaires – famille, belle famille, collègues – et dans les déplacements dans la ville et aux alentours. Cela permet d’avoir des repères, des guides d’un récit à l’autre.

Le premier tome est à l’évidence un des plus réussit, mais ne les ayant pas encore tous lu – soit 14 à ce jour. Je n’énoncerai aucun classement. D’ailleurs mon plaisir d’un volume  à l’autre n’est pas toujours dans la recherche du coupable, mais souvent dans le déroulement ou la construction qui mène à l’acte. Car nous ne sommes pas là sur TF1 ou le coupable est connu presque afin le générique de début. Souvent tout se met en place à un rythme très aléatoire, mais surtout qu’il  n’est pas possible au début de hiérarchiser les informations que l’ont lit. Et plus la fin arrive, plus le rythme y est insensible, comme si rien ne pressait, puis les pièces du puzzle ne forme soudaine plus qu’un ensemble logique, presque évident.

 

Une lecture plaisante, facile sans être bidon ou dénué d’intérêt.

Je recommande pour les voyages, qu’ils soient longs ou régulièrement court.

 

Donna LEON – en poche aux Points

16/04/2008

regrets éternels ?

 

 

 

 

Léotard, François. L’ancien fer de lance de l’UDF, aujourd’hui retiré de la vie politique française a repris sa plume, et plus simplement que de la tremper dans l’acide et facile encre de la rancœur, il choisit d’autres styles plus élégant. Presque une pièce de théâtre… dans le déroulé.

Acte 1.  La parabole, non celle présente sur le balcon de ton voisin mais celle ancestrale de la genèse. Un texte fort, intelligent, réfléchi, presque trop tant les citations qui ponctuent sa réflexion s’empilent à n’en plus finir.

Acte 2. Cassandre… à nouveau. Tout le monde se souvient de ce pamphlet sur S. Royal en pleine campagne présidentielle. Dire  que ce fut un oiseau de mauvaise augure c’est trouver une excuse à sa défaite, donc non. Le parallèle s’arrête là. Intéressant mais pas assez direct à mon goût, comme si il avait soudainement peur des mots et de leurs conséquences, lui qui s’en était avant affranchie.

Acte 3. La missive

Scène 1 : A Nicolas. Ils se sont connus, beaucoup fréquentés, se connaissent beaucoup, ont trahis et perdus ensemble. Une sincérité, une justesse dans les mots qui donnent un relief et du corps au document. Espérons que le président l’ait lu.

Scène 2 : Au Général de Gaulle. Il ne le connaît qu’à travers les autres, les livres, les media. Une émotion, un respect, un sentiment de filiation, une volonté de dire, de publier une lettre mille fois pensées, cent fois écrites, mais jamais envoyé.

Acte 4. Il rêve d’un homme, part dans une diatribe entre la philosophie, le délire théorique… j’avoue ne pas avoir bien saisi le sens profond de son message…enfin j’espère surtout que ce que j’ai compris est erroné.

 

"Ca va mal finir." François Léotard.

06/12/2007

The trap

Etre l’enfant du jour le plus froid du monde n’est pas signe de malchance, quand on y ajoute la solitude de l’orphelin et celle, plus terrible encore, du handicap….

Le dess(e)in noir s’arrête là.

Little Jack est un enfant fragile du cœur, tant qu’une horloge a prit le relais mécanique. Sa vie est rythmée par le clic-clac de son cœur si  compliqué que compliqué que toutes les émotions fortes lui sont interdites.

Il grandit sans vie sociale jusqu’au jour de ses 10 ans où, de visite en ville, il croise une petite chanteuse dont il tombe définitivement amoureux. S’en suit un récit où personnages fictifs et sentiments réels cohabitent.

 

Un livre magique  au récit épique – de ceux dont les garçons introverti et romantique comprennent de suite l’ignoble vérité et la puissance du tragique destin de Jack (ainsi que ceux qui ont lu le premier roman de M. Malzieu).

 

La mécanique du cœur – Mathias Malzieu

31/10/2007

Surannée, mais qu’importe ?

Quoi de plus agréable qu’un moment ou se combine amitié, mets fins et se prolongeant autour d’une liqueur charentaise dans une volute de cigare ? Une petite pipe d’après dîner me répondront certains, et bien je dis non. La récurrence enlève tout son charme et sa magie aux moments et aux biens d’exceptions.

Le propos du jour, et du livre (merveilleux cadeau s’il en ai, complétant à merveille ma collection sur des pratiques hors d’usage dans notre société dites moderne) est donc le cigare.

Ce qui est le plus important dans ce livre est sans nul doute la justesse du propos instructif. Il ne berce jamais dans la préciosité ni dans l’explication de comptoir.

L’ensemble des éléments concernant le cigare, de l’achat au tirage en passant par, le très délicat, stockage sont présentés. Puis vient le plus pratique, mais le plus problématique aussi, la liste des marques et des models. Tant il est important de connaître se qui existe, tant ce savoir montre toute l’étendu des expérimentations nécessaires pour atteindre son but : trouver SON cigare, celui qui convient.

Une saine lecture aux conséquences qui ne tiennent qu’à vous. Essayez une fois un tel met en fin de soirée entres ami(e)s et vous comprendrez de quoi il en retourne.

 

Guide du cigare – Jane Resnick

22/10/2007

L’autre c’est elle aussi !

Ce qui est étonnant avec Mlle Nothomb c’est qu’elle à beau écrire sa vie que s’en est intéressant. Enfin écrire, je le suppose, car certaines parties semblent être sorties tout droit d’un film Américain. Sa vie au Japon en est à nouveau le sujet. Mais le pendant personnel, romantique, intime de « Stupeur et tremblement ». Enoncé ainsi cela a tout pour être le livre qui ne m’intéresse pas, tant la vie des autres par eux-mêmes m’indiffère.
Et pourtant, si.
Il y comme un détachement, une généralisation du propos, peut être tout à fait personnelle et inconsciente de ma part, mais son histoire me paraît plus être de l’ordre du récit, du carnet personnel repris près de deux décennies plus tard pour en faire une relecture- réécriture qui peut passer pour être de l’autopsychothérapie, ou comme du témoignage selon l’avis que l’on porte à ce livre.
Elle parle peu du Japon, certe un peu de sa culture, mais surtout du décalage entre elle et la société. Car le livre traite de bien des sujets, forcement de nourriture mais c’est le cas de tous ses écrits, de sentiments, de découvertes, de culture, de la famille, de travail, de civilisation, mais à travers le prisme de ses deux années passées au Japon et, surtout, de sa relation avec Rinri.
Chacun pourra y trouver de quoi être en symbiose avec l’un des deux principaux protagonistes, c’est ce qui aide au succès d’édition, mais ce n’est pas feint, car pour (d)écrire aussi bien la relation de deux personnes aussi différente il faut l’avoir vécu, ou être doté d’une imagination très sensible au réel.

Alors bien sur les fans d’Amélie crient au génie, tandis que les détracteurs hurlent à l’imposture
…. On s’en fout !
Prenez le livre ouvrez le, lisez le, et faîtes vous votre propre opinion.

Amélie Nothomb – Ni d’Eve ni d’Adam

27/09/2007

Oh la belle sucette

Livre le plus simple, le plus léger que je n’ai jamais lu. Une vraie sucrerie. On y goûte un peu honteux, y prend goût, envie de plus, mais aussi de faire durer le plaisir.

L’histoire est simple, aussi probable qu’une série à l’eau de rose pour pré-ado. Ca détend, vide le cerveau. Attention à ne pas en prendre un deuxième et ainsi devenir addict.

C’est promis la prochaine note sera sur un truc bien pointu.

 

Gossip girl Même pas en rêve

 

Cecily von Ziegesar

19/09/2007

La vie des autres

C’eut pus être une biographie, une lettre à son petit fils, c’est un roman. Les faits, les lieux semblent être connus comme si il s étaient tirés de faits réels, seul les patronymes historiques sont respectés, comme immuables, alors que les noms des dirigeants actuels sont inventés.
Tout porte à croire qu’il s’agit non de l’Oskar, mais du Kürsck. Qu’importe il n’est pas ici question de vérité scientifique mais d’humanité. A travers le prisme de la vie de l’auteur le lecteur est amené à revivre sa vie – celle du conteur, pas la notre.
Les sentiments exprimés sont communs à tous, les circonstances les rendent plus intenses encore.
Où s’arrête la réalité, où commence la fiction… la question se poserait si l’intrigue était le plus important. Or il est beaucoup plus question de libertés, d’amitiés, de confiance, d’espoir et d’amour.
A lire sans penser à l’Histoire mais en pensant à la sienne- d’histoire. Ce livre ne changera pas votre vie comme peuvent le faire des récits autobiographique ou épistolaire. Il donne à penser à ce que l’on vie, à notre environnement à notre liberté.

Une exécution ordinaire – Marc Dugain

05/07/2007

Un bon policier… sans uniforme.

Il est des livres qu’on aime à finir tant l’on espère que la fin ne se sera pas aussi heureuse quand dans une hypothétique version cinématographique.

« une vengeance… » est un récit court, une centaine de page, mais d’une densité et d’une plume descriptive mais pas chiante.

Premier de trois roman regroupés sous le titre «  légendes d’automne » il est attractif et retient le lecteur à la manière d’un policier, l’uniforme en moins, la violence pure et décrite en plus.

Le titre est un bon synopsis que je complèterai juste par : ils étaient amis, il a une aventure avec sa femme. Ne fuyez pas vous n’êtes pas dans un boulevard miteux, mais dans une sombre histoire d’où la nature humaine ne sort pas grandie par certains personnages alors que d’autres font preuve d’un humanisme total…quasi impossible à faire dans le réel. Il est plus de questions posés  d’espoir donné. Qu’importe il n’y a pas de faux semblant, d’angélisme.

Un récit qui une fois finis m’a encore plus plût et donc il est certain qu’aucun producteur ne voudra.

 

Jim Harrison « Légendes d’automne »

27/06/2007

Berlin l’enchanteresse

 

 

Un Irlandais à Berlin ouest. La face va changée dans peu de temps, les habitants le sentent mais leur quotidien n’évolue pas.

Le cadre n’est ici qu’une métaphore, car l’histoire traite de la vie des Hommes et de la vitesse à laquelle tout peut basculer.

Plus que le fond c’est la forme qui est originale. Saupoudré de mots et expressions germaniques, pas toujours traduites, comme pour mieux s’imprégner, s’immerger dans l’atmosphère. Le lecteur est plongé dans l’intime et cette astuce rhétorique en accentue l’impact, comme si chaque lecteur est à la place de l’auteur et prend part à la scène.

Il y a ces affirmations exprimées si simplement qu’elles paraissent évidentes et ne pourront être remises en cause, tout particulièrement celles sur la culture allemande. Extrait : « En Allemagne la vie privé est taboue. Rien n’est plus désirable ni sacrée que le respect de la vie privée. »

Il y a beaucoup de questions, d’interrogations, d’affirmations…. Dans rapport aucun entres elles. Pour autant on ne se sent ni agressé, ni interrogé. Juste spectateur.

Au final une lecture différente, attrayante qui n’est pas légère mais ne souffre pas la comparaison. Un récit qui transpire le vécu, mais d’une densité telle qu’il pourrait s’agir de divers moments de vies fondus en une histoire.

A lire pour se changer les idées et se rappeler qu’avant tout il faut vivre.

 

 

Hugo Hamilton « Berlin sous la Baltique »

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