01/07/2008

Faîtes que ce ne soit pas le second

Deuxième album... le pire, l'exercice, la confirmation, le danger absolue.... pour tout artiste francophone. Une des spécificité des artistes français est de mettre ses tripes, sa vie, son intimité dans le premier exercice. Mademoiselle K n'a pas dérogé à la règle.

Donc forcement la joie et la peur m'habitaient au moment d'écouter ce deuxième opus. Les compositions sont impressionnantes de maturité, il est même possible de croire que bon nombre des morceaux ont déjà beaucoup été joué live, comme rodés. Et là force est de constater qu'une étape est franchie. Ce n'est pas l'album d'une femme mais d'un groupe. Il y a une évidente écriture de bande.

Mais là où le premier était personnel, introspectif, violent, expiatoire j'ai malheureusement l'impression que certains textes furent écrits pour accompagner des musiques. Car l'artiste français n'ose que rarement faire l'économie du texte. Cela ne signifie pas que les textes sont le point faible, bien au contraire. "Maman XY" est juste une merveille. D'une violence magnifique qui donne des frissons, et qui fait mal : "crève" l'ironie en moins, " ça me vexe" l'humour en moins, à croire qu'elle cache ses larmes par de rage. Et ce n'est qu'un exemple. écoutez, lisez, j'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi. Un disque nécessaire, et surtout l'envie irrésistible de l'entendre en concert tant sa force doit y être décuplé.

Mademoiselle K - Jamais la paix

26/06/2008

Ultra Anar

Ce n'est pas un concert, c'est annoncé. Mais un spectacle scandaleux au possible, une bulle loin de l'hypocrisie du monde actuel. Il n'y a rien à raconter sur le contenu, pas un exemple à donner, non que ce soit creux bien au contraire c'est bien plus dense que la plupart des spectacles de dits comiques du moment.

Rire avec lui c'est rire de notre société dans sa globalité sans omission aucune. Nul n'est épargné pas même son public. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on touche le génie car il serait bien gêné que j'écrive ça de lui et, surtout, ce n'est pas vrai. L'exagération est son maître mot, tout comme la mise en lumière de problèmes, de non dit de la France d'aujourd'hui. Le postulat de base est simple : puisqu'on ne peut plus rien dire sur aucune communauté on va tout dire de toutes. Et ça marche.... enfin sauf pour ceux qui ont quitté la salle avant la fin... aucun le soir où j'y étais, mais 18 depuis le 2 avril, début de ce spectacle.

Si vous voulez voir un spectacle vivant ou le public est acteur, pris à partie, une seule solution : le voir !!!

Didier super – en tournées un peu partout avec différents spectacles

 

04/04/2008

Allez au-delà de la note

L’ouest parisien est de ces lieux d’où naissent des musiques emprunts de délicatesse, de finesse. Rassurez-vous je ne ferais pas de comparaison ou un historique de l’école Versaillaises. Point de violence, de revendication, de représentation, une pop champêtre extrêmement classe, complètement en avance, totalement indépendante et surprenante, toujours réalisée avec discrétion.

Les pessimistes et râleurs me diront qu’ils n’ont rien d’autre à dire n’ayant jamais manqué de rien, ne connaissant pas la difficulté et les soucis du quotidien. Sauf que la verdure des gazons n’apporte qu’un confort aucune garantie. Le cœur, lui, n’y est pas sensible.

Ce duo est d’un éclectisme rare, font tout à deux et passent de la sober unplugged pop -« at last »- à un morceau bien plus proche de Fergi (ex BEP) – « Queen dot kong », et cela sans rupture, juste dans la continuité. Car cet album n’est pas une suite de morceaux accolés, mais une suite logique de morceaux.

 

A écouter sans modération, à l’exception du premier morceau, qui ne retiens pas mes faveurs.

 

The Dø - Mouthful

12/01/2008

De la soie

De la douceur. C’est ce dont j’avais envie, besoin. Le calme par le calme.

La réussite est totale. Certains diront que c’est un brin désuet – la faute au retour du banjo ? C’est là justement toute la force de ces chansons.

Le calme vient de l’apaisement, et ces sonorités rares font la différence. L’aspect suranné des mélodies et des voix ne donne pas envie d’essayer de comprendre  les paroles. De peur que la mélancolie et la tristesse  ne viennent briser tout le charme ?

Certainement, au moins tout autant que ce disque fera partie de ceux qu’on remet régulièrement dans sa platine tout au long de son passage terrestre.

Moriarty, Gee Whiz but this is a lonesome town"

17/09/2007

Out now

Comme tout l’indique voici la nouvelle vague de folk suédoise…

Après Abba, Bjorn Börk, Cardigans et autres I’m from Barcelona, ce nordique pays nous ravit une fois encore les oreilles.

Une grande technique, des mélodies complexes, une voix en retrait ; cet album mérite plus qu’une simple écoute.

Il berce mais ne verse pas pour autant dans la facilité, et ceci à aucun moment.

 

Un beau disque de folk intimiste et doux. Accompagne élégamment, mais peu longtemps (33 minutes) les soirées d’automne où l’on aimerait tant le soleil de minuit.

 

José Gonzalez In our nature

10/07/2007

Classique, archaïque, … mais non !

De la douceur, des mélodies connues, une musicalité merveilleuse, une épuration agréable sans être monacale… Clapton qui passe dans les studios de MTV pour une session unplugged c’est un moment qui forcement plait aux oreilles. C’est soyeux.

Mais bon soyons honnête je ne l’écouterai pas tous les jours non plus.

A avoir pour le jour ou vous vous retrouverez dans un chalet de montagne face à la cheminée votre conjoint(e) dans les bras sur la peau d’une bête sauvage tuée lors d’une de vos héroïques sorties entre chasseurs du mal (la poule de la voisine de votre grand-mère ne compte donc pas).

 

Eric Clapton

Unplugged

 

25/06/2007

Compile moi ça.... coquine

Compilation… le mot ne me plait pas. Comme si on annonçait un amas informe. Et qui dit compilation dit ellipses. Mais parfois ce type de disque permet la découverte.
Ici il s’agit d’un genre musical, sûrement un des plus méconnu et des moins reconnu, la musique de film à caractère pornographique. Un boulard quoi !
Là bien sur la chaste personne que vous êtes pense immédiatement à ces sons violents et binaires vaguement perçus lors de vus, bien malgré vous, de tels œuvres. Il n’en est rien.
« Porn groove » traite uniquement des musiques des années 60 et 70. C’est groove, funk, illuminé de parties de guitares, parfois chanté, parfois amusé – le délicieux Love love love – mais jamais au grand jamais simulé.
Et là c’est énorme car on écoute de la musique fort sympathique sauf qu’au lieu d’être déchirée par une vois aïgue, nauséabonde, seul des sons de plaisirs viennent.
Cela surprend, amuse, si cela vous choque…. Ce n’est plus de la pudeur mais du poujadisme.
Idéal pour une soirée à thème ….mettez le cd à l’improviste, regardez les réactions et surtout …. Faîtes m’en part !!

« Porn groove »

20/06/2007

Lumière noire

Découverte lors de sa collaboration avec Tiersen pour un album qui reste comme un des objets  les plus sombres et mystérieux en vente libre la question de ses propres créations me taraudais. Et l’écoute de « let in the light » ne m’a pas déçut.

Une impression de pièce close, de réclusion, d’aridité, de recherche de sortie… mais pas de lumière. Une musique rêche mais d’une extrême douceur à l’oreille. Des arrangements épurés, une voix qui est le reflet des sentiments, de l’aigue joyeuse à la grave tristesse. Il y a toutes les variations, les couleurs face à nous. Ce qui confine à un bonheur plus grand encore c’est la justesse de la musique. Chaque chanson est un tout, non pas lisse, mais cohérent.

Ravira les amateurs de Fiona Apple, Miossec, et autres auteurs, chanteurs guillerets.

 

 

Shannon Wright, let in the light.

 

30/05/2007

Sans bulle – Carola Bleu ©

Le retour d’un des portes drapeaux de l’école Versaillaise ne passe jamais inaperçu. Après l’explosion hexagonale – tardive- de Phoenix, le couple musical le plus dandy de l’ouest parisien revient tout en douceur. Et même un peu trop à mon goût. Je n’irai pas jusqu’à dire de cet album qu’il amorphe…
L’image la plus adéquate serait comme une descente de rivière sans accros, on se laisse bercer. C’est agréable, aquatique, langoureux mais j’aurai apprécié un plus de punch, sans tombé dans l’anarcho punk, mais juste une ou deux ruptures, comme des mini cascades, des rapides.
Il plaira beaucoup aux amateurs d’Au revoir Simone, de Charlotte Gainsbourg, somme toute logique puisqu’ Air est parmi les initiateurs de cette vague électro low tempo mâtiné de claviers, dont les demoiselles précitées sont les nièces les plus prometteuses.
Accompagne très bien la lecture, ou l’attente du marchant de sable…

Air – Pocket Symphony

25/05/2007

Jack après un jus d’orange.

Vous aimez Jack Johnson pour sa musique de surfeur acoustique qui sent bon la houle hawaïenne ? mais vous aimeriez que ses créations soient parfois un peu plus péchu ? …. Et bien écoutez Matt Costa.

C’est très doux à l’écoute, un peu lisse aussi. Une musique de fond qui ne vous fâchera avec personne. J’aime bien, même si ce n’est ni dansant, ni des chansons à chanter. Juste de sympathiques mélodies, joliment accompagnées tant vocalement, qu’au niveau instrumental. Tout est fait avec minimalisme dans la justesse.

A écouter pour en apprécier la finesse, puis à laisser tourner lorsque les invités sont arrivés.

 

Matt Costa – Songs we sing.

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