08/03/2007

Retour vers le futur

Un défi. Aux lois de la temporalité, à celle de la mode à la logique. De la musique irrationnelle ? Non plus. Un objet musical surréaliste, catégorie intemporelle, sensuel, dense. L’entendant je me pris à rêver de découvrir la pochette originale, elle doit être psyché, faite sous acide entre Woodstock et l’île de Wight. Quelle ne fut pas ma déception en apprenant que ce Blue Cathedral date de 2004 !

Comprenez bien que les Comets on fire ne font pas partie de la sphère musicale ambiante. Ils ont un son proche de Led Zeppelin, une quasi totale absence de parole, des couches de guitares avec une réverbération maximale et mille autres effets, des claviers, des chansons fleuves... c’en pourrait être caricatural.

Je trouve cela au contraire très hypnotique. Je me laisse bercer par ce flot de sons, portant mon attention tantôt plus sur les guitares, tantôt les pianos. C’est à la fois brut et doux, strident et mélodique, fou mais tellement travaillé.

Un album pour celles et ceux qui aiment ce qui s’écoute, ce n’est dans aucun canon. Ce n’est pas de la musique absurde ou faîtes n’importe comment, bien au contraire.

Laisse toi embarquer dans un voyage aux confins du rock, ferme les yeux, tu es au CBGC, une blonde sur le zinc, conversant à une blonde vous tombés sous le charme, les Comets on fire auront eu raison de vous, et repartez le sourire aux lèvres, repensant à Wild Whiskey et à sa prochaine écoute…

Comets on Fire, Blue Cathedral.

29/10/2006

T'es bonne Katherine

Ce qu’il y a de beau avec la musique c’est qu’elle peut atteindre des sommets de grâce. Je crois que hier soir ils n’en étaient pas bien loin. Qui ils ? Mademoiselle k et ses trois comparses.

Elle commença dans la désinvolture, plus encore que sur l’album. Puis tout alla crescendo : le rythme, l’intensité, l’(aban)don de soi. Après la rigueur de l’enregistrement les voici libres. En rien commercial, partant dans des dithyrambes guitaristiques – Éléonore et Martin vous étiez magnifiques - faisant penser au Velvet ou au MC5. Il y a du Greenwood chez le soliste, tant dans les postures que le jeu. La basse est ronde, la batterie fracassante, sauf que, comme bien trop souvent, on ne distingue pas assez la voix. Il n’y a jamais eus de mimiques, tout à l’air spontané. Le plaisir qu’ils prennent est flagrant, comme elle le dit si bien : «  tu vois quand je souris tu fais pareil », et oui ! Plus ça allait plus ils lâchèrent prise, sans perte de contrôle, et plus je me rêvais au CBGB. Oui le rock est vivant j’en ai la preuve ! Moi j’ai aimé, je reviendrai, avec un immense plaisir, et une non moins grande attente.

 

Bien sûr il y avait LA fan ivre et lourde (thèmes récurant de la soirée) pour me rappeler qu’il faut restreindre l’accès aux concerts.

Mais qu’importe il y eut de la grâce, et rien ne pourra l’abîmer.

 

Mademoiselle K, Laiterie – Le club, 28 octobre 2006