21/09/2007

Put her under the red light

De la délicatesse d’un duo piano voix à l’énergie rugueuse d’un trio power rock. Deux formations, deux situations pour un seul et même concert.

Miss Wright où la mélancolie retranché à son clavier, de profil le visage camouflé par ses cheveux et un éclairage de derrière. Elle ne parle pas, non qu’elle n’ait rien à dire, elle est visiblement timide et dans son monde. Sa voix est cristalline, intense. Ses mélodies intense. Juste accompagné d’un batteur et d’un bassiste le spectacle est plus dans leur non attitude, amorphe, inexpressif. Mais redoutablement efficace, est c’est bien ce qui importe en premier.

Puis Madame Shannon se leva pour, avec sa Jaguar, nous délivrer un son indy à se croire dans un club new-yorkais. Les basses bourdonnent. Qu’importe.

Dans la grande salle se produisait l’Europe 2 live tour… un mur nous en séparait. Mais surtout un monde, deux conceptions de la musique. J’étais du côté obscur, là où on ne chante, ni ne parle durant les chansons, où on ne tente pas de battre le rythme avec ses mains… c’était noir, avec un peu de rouge aussi.

Elle était tellement dans son monde –bulle dirait la poétesse Diam’s- qu’elle tomba. Ce qui fit sourire ses musiciens –même le bassiste au physique de troll géant. Cela ne la perturba pas un instant, elle continua sa  chanson à même le sol chantant acapela. C’en fut fini de la première partie.
Elle revint seul, et la deuxième mi-temps fut superbe. Elle fit plusieurs morceaux seul au piano, puis à la guitare. Puis fut rejoint. Il y a eut une intemporalité, un temps suspendu. C’était prenant, agréable, déroutant, envoûtant.

Puis ils repartirent discrètement.

Le monde dualiste de cette artiste est surprenant, mélancolique s’y laisser prendre est une expérience qui donne envie plus encore d’aimer ces artistes à la marge.

 

Shannon Wright – Laiterie le club – 20 septembre 2007