09/12/2009

Accords complexes + finesse = délicatesse

La vedette américaine, bien souvent, joue dans une ambiance d'attente et bénéficie d'une attention et d'un enthousiasme plus que relatif... ce fût tout le contraire dans l'antichambre qu'est le club de la laiterie. Le public était visiblement là pour eux, pour écouter les comptines indy folk matinées de pop d'Away from Luka.

La voix et les mélodies sont douces avec une pointe d'amertume, merci les 9ème, Les Paul vient harmoniser et électrifier le tout. La section rythmique est sollicitée de manière assez inégale, ce qui rompt la monotonie que le genre musical peut développer. Le clavier vint apporter des nappes sonores, sans grand intérêt à mes oreilles, mais qui ont le bon ton de ne pas venir ruiner une pièce par une déferlantes de d'ondes de répliques d'Hammond mal gérées.

 

Ils seront ce jeudi chez Jeannette...et pour ceux qui ne pourront s'y rendre, ou qui souhaitent anticiper et/ou prolonger le plaisir : http://www.myspace.com/awayfromluka

 

Une fois la foule des touristes et des frénétiques acheteurs de cadeaux laissée derrière la porte de votre demeure faîtes ce cadeau à vos oreilles.

 

 

Away from Luka - Laiterie - 4 décembre 2009

23/07/2009

Tuez les tous !

Quand la crème de l’indy rock habitué des clubs  et avare en prestation sur le territoire français débarque sous le chapiteau ce n’est pas sans appréhension et attente. Appréhension de la chanteuse, à l’évidence plus flippée que le jour de sa première communion, fut-elle lectrice de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens. Attente d’un public en manque de sons émanant d’une chose qu’un mac.

Que ce fut bon, simple, efficace, rodé mais sur le fil en permanence, jamais la peur n’est vraiment parti.

Que c’est bon d’être entouré de ses semblables en jeans et tee-shirt à message, ou souvenir d’un moment rock n’roll. Ni jogging, ni casquette, ni collier. De partager ce concert, ces courts moments de rage, ces dialogues à deux guitares et voix.

« Last day of magic » fut une sucrerie acide dont j’aime le piquant mais qui, toujours, s’évapore comme il est venu.

 

Le chapiteau – vendredi 3 juillet 2009.

21/09/2007

Put her under the red light

De la délicatesse d’un duo piano voix à l’énergie rugueuse d’un trio power rock. Deux formations, deux situations pour un seul et même concert.

Miss Wright où la mélancolie retranché à son clavier, de profil le visage camouflé par ses cheveux et un éclairage de derrière. Elle ne parle pas, non qu’elle n’ait rien à dire, elle est visiblement timide et dans son monde. Sa voix est cristalline, intense. Ses mélodies intense. Juste accompagné d’un batteur et d’un bassiste le spectacle est plus dans leur non attitude, amorphe, inexpressif. Mais redoutablement efficace, est c’est bien ce qui importe en premier.

Puis Madame Shannon se leva pour, avec sa Jaguar, nous délivrer un son indy à se croire dans un club new-yorkais. Les basses bourdonnent. Qu’importe.

Dans la grande salle se produisait l’Europe 2 live tour… un mur nous en séparait. Mais surtout un monde, deux conceptions de la musique. J’étais du côté obscur, là où on ne chante, ni ne parle durant les chansons, où on ne tente pas de battre le rythme avec ses mains… c’était noir, avec un peu de rouge aussi.

Elle était tellement dans son monde –bulle dirait la poétesse Diam’s- qu’elle tomba. Ce qui fit sourire ses musiciens –même le bassiste au physique de troll géant. Cela ne la perturba pas un instant, elle continua sa  chanson à même le sol chantant acapela. C’en fut fini de la première partie.
Elle revint seul, et la deuxième mi-temps fut superbe. Elle fit plusieurs morceaux seul au piano, puis à la guitare. Puis fut rejoint. Il y a eut une intemporalité, un temps suspendu. C’était prenant, agréable, déroutant, envoûtant.

Puis ils repartirent discrètement.

Le monde dualiste de cette artiste est surprenant, mélancolique s’y laisser prendre est une expérience qui donne envie plus encore d’aimer ces artistes à la marge.

 

Shannon Wright – Laiterie le club – 20 septembre 2007