01/07/2008
Faîtes que ce ne soit pas le second
Deuxième album... le pire, l'exercice, la confirmation, le danger absolue.... pour tout artiste francophone. Une des spécificité des artistes français est de mettre ses tripes, sa vie, son intimité dans le premier exercice. Mademoiselle K n'a pas dérogé à la règle.
Donc forcement la joie et la peur m'habitaient au moment d'écouter ce deuxième opus. Les compositions sont impressionnantes de maturité, il est même possible de croire que bon nombre des morceaux ont déjà beaucoup été joué live, comme rodés. Et là force est de constater qu'une étape est franchie. Ce n'est pas l'album d'une femme mais d'un groupe. Il y a une évidente écriture de bande.
Mais là où le premier était personnel, introspectif, violent, expiatoire j'ai malheureusement l'impression que certains textes furent écrits pour accompagner des musiques. Car l'artiste français n'ose que rarement faire l'économie du texte. Cela ne signifie pas que les textes sont le point faible, bien au contraire. "Maman XY" est juste une merveille. D'une violence magnifique qui donne des frissons, et qui fait mal : "crève" l'ironie en moins, " ça me vexe" l'humour en moins, à croire qu'elle cache ses larmes par de rage. Et ce n'est qu'un exemple. écoutez, lisez, j'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi. Un disque nécessaire, et surtout l'envie irrésistible de l'entendre en concert tant sa force doit y être décuplé.
Mademoiselle K - Jamais la paix
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21/09/2007
Put her under the red light
Miss Wright où la mélancolie retranché à son clavier, de profil le visage camouflé par ses cheveux et un éclairage de derrière. Elle ne parle pas, non qu’elle n’ait rien à dire, elle est visiblement timide et dans son monde. Sa voix est cristalline, intense. Ses mélodies intense. Juste accompagné d’un batteur et d’un bassiste le spectacle est plus dans leur non attitude, amorphe, inexpressif. Mais redoutablement efficace, est c’est bien ce qui importe en premier.
Puis Madame Shannon se leva pour, avec sa Jaguar, nous délivrer un son indy à se croire dans un club new-yorkais. Les basses bourdonnent. Qu’importe.
Dans la grande salle se produisait l’Europe 2 live tour… un mur nous en séparait. Mais surtout un monde, deux conceptions de la musique. J’étais du côté obscur, là où on ne chante, ni ne parle durant les chansons, où on ne tente pas de battre le rythme avec ses mains… c’était noir, avec un peu de rouge aussi.
Elle était tellement dans son monde –bulle dirait la poétesse Diam’s- qu’elle tomba. Ce qui fit sourire ses musiciens –même le bassiste au physique de troll géant. Cela ne la perturba pas un instant, elle continua sa chanson à même le sol chantant acapela. C’en fut fini de la première partie.
Elle revint seul, et la deuxième mi-temps fut superbe. Elle fit plusieurs morceaux seul au piano, puis à la guitare. Puis fut rejoint. Il y a eut une intemporalité, un temps suspendu. C’était prenant, agréable, déroutant, envoûtant.
Puis ils repartirent discrètement.
Le monde dualiste de cette artiste est surprenant, mélancolique s’y laisser prendre est une expérience qui donne envie plus encore d’aimer ces artistes à la marge.
Shannon Wright – Laiterie le club – 20 septembre 2007
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