01/07/2008

Faîtes que ce ne soit pas le second

Deuxième album... le pire, l'exercice, la confirmation, le danger absolue.... pour tout artiste francophone. Une des spécificité des artistes français est de mettre ses tripes, sa vie, son intimité dans le premier exercice. Mademoiselle K n'a pas dérogé à la règle.

Donc forcement la joie et la peur m'habitaient au moment d'écouter ce deuxième opus. Les compositions sont impressionnantes de maturité, il est même possible de croire que bon nombre des morceaux ont déjà beaucoup été joué live, comme rodés. Et là force est de constater qu'une étape est franchie. Ce n'est pas l'album d'une femme mais d'un groupe. Il y a une évidente écriture de bande.

Mais là où le premier était personnel, introspectif, violent, expiatoire j'ai malheureusement l'impression que certains textes furent écrits pour accompagner des musiques. Car l'artiste français n'ose que rarement faire l'économie du texte. Cela ne signifie pas que les textes sont le point faible, bien au contraire. "Maman XY" est juste une merveille. D'une violence magnifique qui donne des frissons, et qui fait mal : "crève" l'ironie en moins, " ça me vexe" l'humour en moins, à croire qu'elle cache ses larmes par de rage. Et ce n'est qu'un exemple. écoutez, lisez, j'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi. Un disque nécessaire, et surtout l'envie irrésistible de l'entendre en concert tant sa force doit y être décuplé.

Mademoiselle K - Jamais la paix

16/07/2007

Last but not least – Part 2

Nadj c’est une énergique grenobloise jouant un rock brut, décomplexé pas le plus fin qui existe mais joué avec les tripes. C’est une jeune femme se donnant sans retenue avec ses deux compères sans se soucier de l’effet produit sur l’assistance. Nous n’étions pas bien nombreux, mais plutôt enthousiasmés par la prestation. Je fus surpris. Bien loin de l’image que j’avais vu d’elle dans un Taratata, où elle joua son single sans relief particulier. Pas sûr qu’avec des prestations telles que celle de la Laiterie elle soit réinvité…. Mais ce n’est pas grave, bien au contraire. Forcement le gros problème dans ces concerts est toujours celui de comprendre les paroles … surtout qu’il me semble qu’elles étaient pas mal du tout.

Le rock français féminin ne se conjugue désormais plus au singulier (Mademoiselle K) mais au pluriel… et c’est une très bonne nouvelle.

Le printemps est fini l’été arrive avec son lot de découverte, de festival….  Vivement l’été !

Nadj

Laiterie Le club – 20 juin 2007

07/11/2006

Just say yeah !

Après avoir lutté contre le matériel, ils apparurent armé de leurs instruments, mais point de tenues de gala ce samedi. Ce qui est dommage car, ainsi vêtus, ils ne se démarquent plus des autres groupes dit « garage ». Je n’en ai que faire de ces segmentations absurdes, tout comme des considérations sur leur physique, surtout qu’ils sont bien plus aériens que d’autres. Qu’importe la terminologie, le son et les émotions sont les seuls critères qui me préoccupent. Je ne parlerai pas de cette arrogance qu’affiche le bassiste, s’en ait insupportable. Ils ne jouèrent pas au groupe à minette, ouf ! Après la prestation de Mademoiselle k ils eurent bien tort. Leur set fut une visite de leur album tout en nervosité et en énergie. Ce n’était pas feint, tout comme les réactions du public qui, pour une partie, s’ennuyaient et parlaient dès qu’ils ne connaissaient pas la chanson ou la trouvait trop calme à son goût. C’est triste.

On a bien rarement le public qu’on mérite.

J’ai aimé ces moments où ils lâchèrent prises, guitariste, batteur et claviers m’emmenèrent sur les chemins crasseux  aux paysages enchantés du rock.

 

Hushpuppies – Laiterie – Le club, 28 octobre 2006

29/10/2006

T'es bonne Katherine

Ce qu’il y a de beau avec la musique c’est qu’elle peut atteindre des sommets de grâce. Je crois que hier soir ils n’en étaient pas bien loin. Qui ils ? Mademoiselle k et ses trois comparses.

Elle commença dans la désinvolture, plus encore que sur l’album. Puis tout alla crescendo : le rythme, l’intensité, l’(aban)don de soi. Après la rigueur de l’enregistrement les voici libres. En rien commercial, partant dans des dithyrambes guitaristiques – Éléonore et Martin vous étiez magnifiques - faisant penser au Velvet ou au MC5. Il y a du Greenwood chez le soliste, tant dans les postures que le jeu. La basse est ronde, la batterie fracassante, sauf que, comme bien trop souvent, on ne distingue pas assez la voix. Il n’y a jamais eus de mimiques, tout à l’air spontané. Le plaisir qu’ils prennent est flagrant, comme elle le dit si bien : «  tu vois quand je souris tu fais pareil », et oui ! Plus ça allait plus ils lâchèrent prise, sans perte de contrôle, et plus je me rêvais au CBGB. Oui le rock est vivant j’en ai la preuve ! Moi j’ai aimé, je reviendrai, avec un immense plaisir, et une non moins grande attente.

 

Bien sûr il y avait LA fan ivre et lourde (thèmes récurant de la soirée) pour me rappeler qu’il faut restreindre l’accès aux concerts.

Mais qu’importe il y eut de la grâce, et rien ne pourra l’abîmer.

 

Mademoiselle K, Laiterie – Le club, 28 octobre 2006

26/09/2006

Quand je ferme les yeux

Oui c’est vrai qu’on se ressemble un peu, ou plutôt que j’aimerai. Oui être capable de ça, d’écrire simplement, non avec simplisme, ma vie, mes idées, mes pensées, et autres sentiments, y coller quelques riffs bien sentis, entrecoupé de suites d’accords efficaces boostés à la saturation, et coup sec sur la caisse claire. Mais non je suis bien trop compliqué, la structure, l’idée simple ne me viennent jamais. Alors oui ça me vexe, mais au final, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je sais qu’un jour je trouverai le truc qui fait que ça décolle, non que j’irai bien haut, là n’est pas le but, mais démontrer, surtout à moi-même, que j’en suis capable.

Oui j’aimerai y arrivé, mais je ne veux en rien me travestir, j’aime trop mon costume et sais qu’il n’y a que celui-ci qui me colle, et bien plus qu’à la peau. Et surtout à l’idée de me couper les cheveux je ne me sens pas mieux.

 

Mademoiselle k, Ca me vexe.