10/06/2008

Sans faux col

Transporté dans un bar du middle west des années 30 de l’autre côté de l’atlantique, costume et robe de rigueur, guitare à résonateur, harmonica et contrebasse…il  ne manquait que les volutes de fumés pour que le concert de Moriarty fût un parfait voyage dans le temps. La législation en décida autrement.

Point de cigare donc, mais une ambiance à nul autre pareil, un paravent et un crapaud de velours rouge firent visuellement l’affaire. Tout le reste ne fut que sonore. Et quel délice. Jamais je n’aurais cru écouté avec tant d’enthousiasme autant d’harmonica. Des musiciens de talent, une voix absolument surannée et juste envoûtante, un tempo parfait, un public – presque – au top (toujours quelques excités du claquage de mains permanent qui se croient chez drucker ou nagui et oublient qu’ils sont à un concert de musique intimiste, même quand les musiciens le montre…mais ils ne savent pas voir, tout comme ils ne savent pas écouter).

Un moment à part fut cette reprise de Dépêche mode avec guitare en bois, voix plus un xylophone dont l’exubérance du joueur n’avait de parallèle que sa sobriété de jeu.

Il n’y avait pas de chanson phare, celle que la masse vient pour entendre et beugler avant de partir, juste une succession de douceurs tel une farandole de desserts dégustés sans savoir ni la suite, ni la quantité, sans gourmandise, ni honte juste par pur plaisir auditif.

Le temps passa et nul n’avait envie que ce doux enchaînement de mélodies gracieuses ne s’arrête. Alors ils revinrent, émus, sincèrement et nous gratifièrent, notamment, d’une chanson jouée collectivement autour d’un micro d’ambiance… qui utilise encore ça en 2008… qui ose ??

J’étais, et je ne pense pas être le seul, dans un autre temps, celui les bootlegers donnaient l’ivresse aux foules non par les oreilles mais le gosier, où le jogging n’existait pas, d’ailleurs pas de trace de sportif du dimanche égaré, ni de vulgarité dans la bouche…vraiment un ailleurs, un avant… et c’est vraiment bien ainsi.

 

Moriarty

Laiterie Grande salle 

5 juin 2008

12/01/2008

De la soie

De la douceur. C’est ce dont j’avais envie, besoin. Le calme par le calme.

La réussite est totale. Certains diront que c’est un brin désuet – la faute au retour du banjo ? C’est là justement toute la force de ces chansons.

Le calme vient de l’apaisement, et ces sonorités rares font la différence. L’aspect suranné des mélodies et des voix ne donne pas envie d’essayer de comprendre  les paroles. De peur que la mélancolie et la tristesse  ne viennent briser tout le charme ?

Certainement, au moins tout autant que ce disque fera partie de ceux qu’on remet régulièrement dans sa platine tout au long de son passage terrestre.

Moriarty, Gee Whiz but this is a lonesome town"