04/04/2008

Allez au-delà de la note

L’ouest parisien est de ces lieux d’où naissent des musiques emprunts de délicatesse, de finesse. Rassurez-vous je ne ferais pas de comparaison ou un historique de l’école Versaillaises. Point de violence, de revendication, de représentation, une pop champêtre extrêmement classe, complètement en avance, totalement indépendante et surprenante, toujours réalisée avec discrétion.

Les pessimistes et râleurs me diront qu’ils n’ont rien d’autre à dire n’ayant jamais manqué de rien, ne connaissant pas la difficulté et les soucis du quotidien. Sauf que la verdure des gazons n’apporte qu’un confort aucune garantie. Le cœur, lui, n’y est pas sensible.

Ce duo est d’un éclectisme rare, font tout à deux et passent de la sober unplugged pop -« at last »- à un morceau bien plus proche de Fergi (ex BEP) – « Queen dot kong », et cela sans rupture, juste dans la continuité. Car cet album n’est pas une suite de morceaux accolés, mais une suite logique de morceaux.

 

A écouter sans modération, à l’exception du premier morceau, qui ne retiens pas mes faveurs.

 

The Dø - Mouthful

30/05/2007

Sans bulle – Carola Bleu ©

Le retour d’un des portes drapeaux de l’école Versaillaise ne passe jamais inaperçu. Après l’explosion hexagonale – tardive- de Phoenix, le couple musical le plus dandy de l’ouest parisien revient tout en douceur. Et même un peu trop à mon goût. Je n’irai pas jusqu’à dire de cet album qu’il amorphe…
L’image la plus adéquate serait comme une descente de rivière sans accros, on se laisse bercer. C’est agréable, aquatique, langoureux mais j’aurai apprécié un plus de punch, sans tombé dans l’anarcho punk, mais juste une ou deux ruptures, comme des mini cascades, des rapides.
Il plaira beaucoup aux amateurs d’Au revoir Simone, de Charlotte Gainsbourg, somme toute logique puisqu’ Air est parmi les initiateurs de cette vague électro low tempo mâtiné de claviers, dont les demoiselles précitées sont les nièces les plus prometteuses.
Accompagne très bien la lecture, ou l’attente du marchant de sable…

Air – Pocket Symphony

29/03/2007

C’est pas très catholique tout ça !

Un conte pour adulte.

Ce film est une belle parabole sur l’adolescence, moins violente que Virgin suicide mais le malheur est aussi présent. Bien sûr au moins elle avait à mangé tous les jours privilège le plus envié très certainement. Elle était venu seule, avait tout quitté définitivement à 14 ans, et là seule chose attendue d’elle est un dauphin. Je ne vais pas vous faire le coup du parallèle entre les mariages d’alliances du XVIII et les mariages forcés d’aujourd’hui ; mais qu’elle que soit le siècle il est légitime d’avoir d’autres idées à cet âge.

Marie-Antoinette n’est pas réhabilitée pour autant par ce film.

Ce qui est le plus beau ce sont les images de Versailles. Certains doivent penser que je suis royaliste entre mes photos des jardins et le discours que je tiens, il n’en ait rien. Donc rien de nouveau me direz vous. Faux, car ici Versailles n’est pas un monument historique, c’est un lieu de vie. Le Trianon n’est pas désert, les herbes devants sont hautes. On y entend des rires. Car oui ces lieux sont beaux, mais ils sont sublimés ici par la vie. Non celle des hordes de touristes qui traversent ces allées comme celles d’un grand magasin des boulevards. Mais des femmes et des hommes élégants mangeant sous une tente, puis attendant ensemble que le soleil illumine en douceur le corps central de l’ancien corps de chasse. Cela fait rêver.

Rêves (de) nobles certainement, mais surtout de vie, car si il y a bien une chose qui m’ennuie profondément dans les orientations culturelles actuelles c’est ce goût pour le passéisme et l’immobilité. Rien ne doit bouger. Cette sacralisation mène à une déshumanisation des lieux qui me paraît être malsaine. Car après tout Versailles, comme les Rohan, le Louvre, étaient des lieux d’apparats mais aussi et surtout d’habitations. Ok les pompiers de Versailles habitent avec leurs familles dans un bout de l’aile sud….

Certains pourrait me dire que les jardins retrouveront bientôt une de leur fonction première et ouverte à tous : un concert, et pas de n’importe qui : la Reine Elton John. Dieu m’en garde, et surtout il y aura les locaux de Phoenix peut après….

Mais revenons au mon propos premier : vous inciter à voir ce film !

Ce n’est pas une comédie, ce n’est pas un récit fidèle de l’Histoire, mais un beau moment de cinéma, une histoire tragique, des moments de joies, somme toute assez rares, des images vraiment belles et fortes. La bande son est de toute merveille, en particulier une scène où la reine est entourée de 4 musiciens dans une pièce du petit Trianon et jouent pour elle.

Comme bien souvent mieux vaut le voir en VO, ne serait-ce que pour les mots en français c’est succulent, comme nombre de ces gourmandises dont la reine et, surtout, son mari, furent friand.

 

Marie-Antoinette, de Sofia Coppola.

 

11/03/2007

Le complexe de Napoléon

A la question peut-on être français et faire de la pop les Versaillais de Phoenix avaient clos le débat avec Alphabetical, leur magistral deuxième opus.

Forcement la suite est de suite plus compliquée, attendue. Une fois encore ils surprennent tout le monde avec dix titres courts, ciselés au cordeau, certains taillés single et ainsi convaincre, enfin, le public français de leur talent. Toujours pop, mais sonnant plus rock, exit les claviers, les ritournelles sont efficaces, le son toujours aussi délicat.

Et au milieu de cet océan  de finesse et d’élégance un riff m’a surpris, interrogé : One time too many. Il me faisait pensé à une de ces mélodies qui hantent la mémoire… mais impossible de me remémorer l’original. Quand vint la solution je vécus un grand moment de solitude. Et pour cause : le générique de la star académie. La chanson en plus est agréable à écouter, mais à chaque mon cerveau la lie à l’autre, c’est assez désagréable comme sensation.

L’autre titre qui m’a marqué est celui qui ouvre : Napoleon says. C’est juste ce qu’il me faut pour démarrer, ou accélérer. C’est entêtant, énervant diront certain. Qu’importe.

Si vous avez aimez ce qui passe à la radio achetez l’album vous ne pourrez pas être déçu. Ceux qui dénigrent la chanson française peuvent y allé tranquillement, c’est en anglais. Phoenix Never been like that before

20/12/2006

French pop

Quand leurs camarades de lycées se mirent à l’électro eux préfèrent créer leur propre label. Ainsi ils sont leur propre maître d’œuvre. Et cela est une vraie réussite. La reconnaissance sur leur terre natale est bien faible, surtout quand on sait au combien ils sont appréciés par delà les océans. Qu’importe rare sont ceux qui sont prophètes en leur pays.

« Alphabetical » est l’album par lequel je les ai connus. Cela fait plus de deux ans. La vie a fait que je ne n’entendais plus ce disque. Je l’ai regretté et un coffret plus tard il sonne à nouveau dans mes oreilles.

Il s’ouvre sur ce qui fût le premier single, et sûrement le morceau qui me plait le moins. Est-ce parce que la suite est bien d’une facture bien plus fine ? Certainement. Ils font dans la pop élégante, pas de faute de goût ici. Tout est de la même facture, le livret, les photos noir et blanc de Hedi Slimane. Il y a une cohérence et une fluidité assez rare, les morceaux s’enchaînent naturellement. Un riff un peu plus péchu, I’m an actor, puis une ballade aux chœurs sans emphase, Love for granted, suivi d’un simulacre de sample qui pourrait être attribué à Eminem mais qui n’est qu’une ouverture, Victim of the crime. Et ainsi de suite.

Un disque à écouter, l’entendre c’est perdre un peu de sa substance.

De l’école Versaillaise je préfère la pop à la housse.

 

Phoenix, Alphabetical

 

05/09/2006

garden in the rain

Il est des récits, des témoignages que l’on attend, que l’on espère, même inconsciemment, surtout même. Quand j’appris que le jardinier en chef de Versailles avait pris sa plume pour nous raconter son parc, une première qui plus est, je fus de suite attiré.

Versailles fut un choc pour moi. Enfant j’ai voulu visiter ce lieu. Ce fut vers 8 ou 9 ans que j’y suis allé pour la première fois. De la galerie des glaces je ne garde comme seul souvenir que celui d’y avoir découvert les jardins et leurs perspectives sans fin. Nous y marchâmes pour nous rendre à Trianon, mais pas chez Marie-Antoinette, sa ferme n’était que ruine à l’époque. Je n’y suis pas revenu souvent, mais suivais son évolution, sa restauration, son retour à ce qu’il fut. Car je crois que c’est cela que j’ai cherché dans ce lieu : un témoignage vivant de ce que pu vivre Louis XIV. Non en action, très peu pour moi les spectacles de danse sur air de luth, mais en environnement. Il n’y a rien de rationnel dans tout cela, ça me change, c’est sur.

Alors ce livre logiquement je l’ai de suite lu, dévorer. Et non ! Et j’ai bien fais. Non que le livre soit mauvais, il est juste ce que je n’aime pas. L’auteur prend parti plus qu’il ne raconte, règle des comptes, distribue bons et mauvais points, donne son avis sur l’histoire, certe il ne la réécrit pas mais ses jugements sur les hommes qui la compose me dérangèrent. J’attendais l’histoire du parc, ses évolutions, ses réussites, ses échecs, ce en quoi il est si différent… de tout cela il en parle. Mais c’est que ce n’est pas ce qui m’a marqué, pour cause c’est planqué au milieu de théorie personnel, d’anecdotes tantôt drôles, tantôt à sa propre gloire - il ne doit plus pouvoir mettre de bottes depuis bien longtemps – tantôt grivoise, et même une de mauvais goût, à mon sens… j’assume pleinement.

Lorsque, dimanche, je vis par hasard un reportage sur Versailles, j’ai su de suite que l’auteur serait dedans. Je pus le voir, l’entendre. Il est fidèle à son livre, en quête de reconnaissance, qu’on sache bien que c’est « de lui ». Il écrit, plus d’une fois, que le jardinier est humble. Il ne l’est pas.

De ce parc je garderai toujours cette image d’immensité, d’élégance, de romantisme, de linéarité, de cohérence, de lieux pour la foule, démonstratifs, hors normes, majestueux, de bosquets intimes, si proches et si différents, si visibles, mais ou l’on peut s’y rendre invisible du regards des autres, ces pièces d’eaux si inattendues, si énigmatiques, si glorifiantes. J’aime m’y promener, imaginer ce qui put s’y vivre, ce qui pourrait s’y faire.

Et je m’en contente avec joie.

 

 

Le jardinier de Versailles, Alain Baraton